Shôgakkô

 

La Shôgakkô est l'école primaire du Japon. Ca je peux en parler comme je veux parce que j'ai expérimenté et ça laisse des souvenirs !Ces écoles sont, en général, composées de la même façon : une cour en terre battue à l'extérieur où ils font leur sport, leurs récrés etc... et un bâtiment (qui est souvent pareil dans les différentes Shôgakkô). On y passes 6ans au total (si on redouble pas bien entendu), soit du CP à la 6ème comprise, et par conséquent, le collège dure une année de moins qu'en France.

En ce qui concerne l'organisation des cours chez les plus petits, je sais pas trop, mais chez les plus grands, c'est plutôt normal : ils travaillent avec des livres, ont des cours de physique (eh oui déjà), de maths, de japonais... Et en plus, et ça par contre ça sort de l'ordinaire (!), des cours de musique, cuisine et couture. Et quand je dis musique, ça n'a rien à voir avec nos cours de musique où on est obligé de jouer de la flûte et à chanter avec la prof, eux ils ont pas mal d'instruments différents dans la salle de cours donc j'imagine qu'ils devaient bien les utiliser (moi j'y allait pas souvent...). Ils ont donc des livres de cuisine, couture et tout. En sortant de la 6ème, ils doivent connaître 1250 kanjis. (et perso j'en suis loin !!). Bon sinon, ils ont un gymnase où ils font pleins de trucs aussi...

La première chose qui m'a choquée quand je suis arrivée, c'est qu'on m'a emmenée faire des tours de la récré (le plus possible) dès le début des cours ! Là tu fais, bon OK ... Surtout que c'était une certaine Mariko qui s'occupait de moi et comme j'étais paumée, je la suivais entièrement, donc mon rythme c'était n'importe quoi, je savais pas combien de tours fallait faire et ça psichologiquement pour moi c'est dur. Bref j'ai bien souffert mais ça c'était que le début...

Heureusement pour moi, je n'étais en cours avec les autres que jusqu'à 10h puisqu'après j'avais des leçons avec ma soeur et une prof qui nous apprenait le japonais (parce qu'on comprenait rien du tout! la galère !)

Donc pendant ces premières heures de cours, j'avais bien le temps d'analyser la classe ! :p

Mais avant d'être tranquille à mon bureau (tous les bureaux sont individuels), il y avait le passage du chant. Imaginez : vous avez fait vous-ne-savez-combien de fois le tour de la cour, on vous fait vous asseoir à une table, autour de vous ça parle dans tous les coins de choses dont vous n'avez pas la moindre idée, et puis au bout d'un moment, le prof entre dans la classe (et là vous vous demandez pourquoi vous venez si tôt si c'est juste pour courrir en attendant le prof qui arrive bien 3/4 d'heure après vous !!). Tout le monde s'asseoi à sa place sauf une personne qui se dirige vers un truc dans un coin, l'ouvre et s'asseoi devant. OK, bon, peut-être il est puni (enfin là c'était plutôt "elle"), il doit faire un truc bizarre, jvais pas chercher à comprendre, de toute façon avec la liste de choses incompréhensibles que j'ai déjà, c'est pas très grave ! ) Et pis le prof dit un truc bizarre, très court et là, d'un coup, toute la classe se lève !! Euh oui, qu'est-ce qu'il se pase ??? Moi aussi?? Jsuis obligée ?? Nan, parce que mon bureau me convient bien, perso... (surtout qu'étant grande pas menue comme une japonaise,cheveux ondulés et châtains, on me remarque facile parmis les petits japonais aux cheveux lisses et noirs..."Dieu merci, je suis pas blonde" c'est ce que je pensais à l'époque). Celle assise toute seule devant le truc bizarre bouge, et des sons sortent (bah oui, c'était un petit piano, banane !! Mais vraiment petit, genre les pianos électriques). Et au bout de quelques secondes, toute la classe se met à chanter une chanson entraînante mais dont les paroles et la signification vous est totalement mais alors TO TA L MENT inconnue. Ok, je dois chanter là ?? Alors pour pas faire trop tâche (le premier jour, on chante pas parce que vraiment...), les jours d'après, on fredonne doucement. Si jamais on a retenu un mot ou un passage on essaie de le chanter au bon moment... Bref, hahahah, on rigole bien de notre situation dans ces moments-là... Enfin, la chanson se termine, le prof dit un nouvau mot toujours aussi obscur et d'un coup tout le monde s'asseoit donc là notre esprit perspicace nous dit que le prof a dit "asseyez-vous" ( puissant notre esprit, hein !) et on s'asseoit, heureux de retrouver notre place.

Arrive le moment où je ne faisait rien, j'écoutait un peu mais pas beaucoup, j'essayais de me déstresser ("tout va bien se passer, tout va bien se passer") de me dire que j'avais sûrement fait le plus dur ("c'est bon, là je me suis bien ridiculisée depuis le début en étant complètement à côté de la plaque, mais là ça va aller mieux, jvais rigoler avec ma soeur, ils comprendront rien, ça va être cool...")

Ces réflexions furent exactes pour la plupart des jours (sauf quand j'ai commencé à faire des journées complètes... et ... le PREMIER jour).En général, j'attendait que ce soit l'heure, j'essayait de faire comprendre que je devais y aller, et je sortais heureuse de retrouver des gens avec qui je pourrait parler un peu ! Mais comme je le disais, le premier jour, ça a été différent. Je n'ai pas eu droit au moment d'intimité et de tranquillité : ma prof de japonais est venue me chercher très très vite, moi et ma soeur, elle nous a dit trois mot (qu'on a plus ou moins compris) du genre : Marugo desu. Yoroshiku Onegaishimasu.(=Je suis Margot. Enchantée) et on s'est retrouvées propulsées dans le gymnase où toute l'école était en train de se regrouper. Là jme suis dit : Yabai... Oh mon dieu, qu'est-ce que c'est que tout ça. Entre-temps la prof nous avait dit de retourner nous asseoir là où notre classe s'installait. Bien sûr, on était assis à même le sol, en randonnion, tournés vers une estrade où trônait le drapeau de l'école et, je crois, celui japonais. Je tiens à signaler qu'étant arrivée en janvier, on était en plein hiver et on se les gelaient atrocement dans ce gymnase. Mes doigts commençaient à devenir tout blancs quand un mec a pris la parole (y avait un micro bien entendu) sur l'estrade. Bon, du moment qu'on me demande rien, tout va bien. Je regardais ma soeur, qui n'avait pas l'air de mieux comprendre que moi. Quelle naïveté on avait à cette époque !! Quelques petits charabias après, ma prof de japonais vient nous récupérer et nous emmène à côté de l'estrade. Oh mon dieu, encore plus Yabai... Qu'est-ce qu'on va devoir faire ?? Et là je me retrouve avec un micro dans les mains. Je n'était pas sur l'estrade mais un petit peu en dessous sur la droite (heureusement d'ailleurs). J'ai regardé la salle (je crois qu'ils te fixent margot...), j'ai regardé ma prof (je crois qu'elle te dit de parler margot...). Bon OK, j'ai compris. D'un autre côté je connais seulement 3 mots et une phrase : Konnichiwa, ebi, uma et "Marugo desu. Yoroshiku onegaishimasu". Donc, on peux dire que j'ai pas hésité longtemps : j'ai sorti cette phrase qu'on m'avait vicieusement apprise il y a à peine quelques minutes. Et après moi, est venue ma petite soeur. Hônnetement, j'ai eu SUPER peur. On a été applaudies (bien entendu ! :p) mais j'avais du mal à me remettre de mes émotions. Comme ça, ça paraît assez ridicule, mais à ce moment, ça ne m'a pas fait rire et j'ai commencé à me dire que j'allais devoir subir des épreuves à toutes les minutes de ma présence dans cette école...

Par la suite, le gymnase a acquéri pour moi, une signification sinistre et terrifiante. On y allait quasiment tous les matins et le proviseur ou un autre inconnu nous parlait de je-ne-sais-quoi pendant qu'on se les gelaient assis en tailleur à le regarder et à applaudir quand c'était le moment. Des fois ils chantaient aussi...

J'ai oublié de préciser que là-bas, c'était uniforme bleu marine (jupe pour les filles bien entendu) et chaussons dès l'entrée dans le bâtiment. Il y avait donc des casiers à l'entrée pour poser ses chaussures si on entrait ou ses chaussons si on sortait (vous en avez sûrement vus dans les dramas).

Les japonais étaient très gentils avec moi, au début quand ils avaient du temps, ils rappliquaient avec un dictionnaire et essayaient de tenir une conversation. C'était à mourir de rire, même si moi je rigolais pas trop parce que 1-c'était trop gentil de venir me voir 2-j'étais toujours sur le qui vive d'une nouvelle épreuve !! lol . "Bonjyuru ? Cha Ba ?" "euh c'est "Bonjour" plutôt. Ouais, c'est pas encore ça la prononciation... Il y avait un livre aussi qu'une fille avait sur la danse et où tout était écrit en français, correct, mais pas très polis parfois. Alors quand on me demandait ce que voulait dire "salope" ... j'avais du mal à répondre... Du coup parfois, ils cherchaient dans le dico....A la fin, ils me l'ont carrément donné ! Ca m'a fait rire.

Je me rappelle aussi d'une fois où une fille m'avait demandé, on était en train de nettoyer le gymnase !! oui oui c'était comme si on avait des cours de nettoyage, on nettoyait tout le temps, au moins comme ça ils faisaient tous attention à ce que tout soit propre puisque c'était eux-même qui nettoyaient les toilettes.... Donc, elle m'a dit (c'était vers la fin de mon voyage donc je commencait à comprendre ce qu'on me disait) : "Shirakku suki ?" Pendant 5 minutes, sans rire, j'ai réfléchi à cette question. "Shirakku ?" Parce que "Suki" (=aimer), ça j'avais compris, mais "Shirakku", jamais entendu ! -"Shirakku ??" -"Sô Shirakku". J'ai beaucoup réfléchi et j'ai fini par trouver. Mais bien sûr, connaissant la capacité des japonais à reproduire les sons occidentaux (faut dire aussi que c'est super dur pour eux, vraiment, y a pleins de sons qu'ils ont pas en japonais), "Shirakku" c'était .... CHIRAC !! Si j'aime Chirac ?? Euh, j'ai jamais réfléchi à la question pour dire vrai, je suis en 6ème... Alors j'ai répondu Non. Toutes les filles autour ont rigolé...

Oh, bien sûr, un truc super spécial, c'est la cantine. En shôgakkô, vous mangez obligatoirement à l'école mais vous n'ammenez pas votre pic-nic ou bentô, il y a une cantine. Mais vous ne sortez pas de votre classe : deux personnes habillées de blouses blanches, de bonnets et masques qui évitent de contaminer quoi que ce soit reviennent en classe avec des gros charriots. On fait alors la queue et on récupère notre bol de riz et notre poisson. Bien entendu, on mange avec les baguettes, tradition oblige ! Et là, nouveau petit coup de stress : un élève dit quelque chose d'incompréhensible quand tout le monde est servi et ils ferment tous les yeux... Ok, bon bah je suis le mouvement... Mais, petit hic : je les rouvre quand ?? Alors j'ai utilisée la technique du CE1 quand le maître interrogeait la classe (tous avec les yeux fermés pour pas tricher) sur la gauche et la droite et que j'avais peur de me tromper : on ouvre subrepticement les yeux pour vérifier sans se faire remarquer. Enfin, quand l'élève a finit de déclamer je ne sais quoi, tout le monde rouvre les yeux et annonce "Itadakimasu!". Et là, on peux enfin manger ! Avec les baguettes. Sur ce coup-là je les ait impressionnés d'ailleurs, ils ne croyaient pas que j'étais capable de manger avec...

Un autre truc qui m'a terrorisée (oui, y en avait pas mal) : la corde à sauter. Sans me vanter, j'aurais jamais imaginé m'inquiéter pour ça, si y a un "sport" où je me débrouillait bien, c'étais la corde à sauter , les croisers, les 2 tours en 1 saut, sauter 100 fois... Mais là, je m'attendais pas à ça ! On est sortis dehors, on a fait deux équipes mixtes, deux élèves tenaient la corde et la faisaient tourner. Le but : entrer, sauter, partir. Et faire passer le plus de gens possibles (un par un) en un minimum de temps. Cela revient à dire qu'il ne faut pas trop hésiter avant de rentrer sinon on fait perdre des points à l'équipe. Mauvais pour moi(Yabai). J'avais jamais fait. En général, je saute à la corde toute seule ou alors on commence à la faire tourner quand je suis déjà dedans... Là, entrer sans se prendre la corde dans la figure, sauter sans se prendre les pieds dans la corde et sortir sans se faire fouetter, c'était mission impossible. Et eux, tout à fait normal, ils te le faisaient les doigts dans l'nez, et ils comptaient les points : Ichi, ni, san, shi, go, roku, nana,(...) ah c'est à margot ! Euh, j'y vais maintenant ? ou maintenant ? ou là? après quelques minutes de réflexion intense, je me lançait. Des fois ça passait mais des fois ça cassait. J'avais des lunettes à cette période et une fois, elles ont littéralement volé. J'avais super honte et je faisait perdre pleins de points à mon équipe... Mais maintenant, j'ai la technique, je suis trop forte !! :p

 

Des trucs super drôles quand t'es un japonais aussi c'est toutes les fêtes qu'ils font : la fête du sport, la fête de l'école... C'est organisé par les élèves en générale, avec l'aide des adultes. On y danse, on y fait des matchs, on fait à manger. C'est assez sympa. Perso, je n'avais aucune envie d'y participer, ma vie à l'école était déjà bien assez compliquée comme ça... Mais je n'ai pas euy mon mot à dire : quand un ami de mon père lui a demandé si on voulait participer, moi et ma soeur, il a tout de suite dit : "oh oui, ça serait super !!". On sent bien que c'était pas lui qui allait devoir se payer la honte devant tout le monde... On avait aucune préparation, on connaissait pas la programme, on en avait jamais fait de notre vie. On a mis notre uniforme de sport et quand on est arrivés dans la cour, ils étaient tous là, ordonnés, sûrs d'eux. Pas nous, en tout cas? On était dans l'équipe des blancs (couleur de la casquette) et on devait battre les rouges. Bon, le vrai but c'est de s'amuser en fait mais y a quand même 2 équipes.  Moi je me rappelle surtout de 2 choses : la danse que j'était obligée de faire mais que je connaissais pas du tout, donc je copiait sur la personne devant moi mais on peut pas dire que c'était très élégant.... et une épreuve où je devais courir, récupérer une balle, l'ouvrir et lire ce qu'il y avait écrit et faire ce qu'il y avait écrit.... Biene ntendu, je savais pas lire le japonais, donc j'ai rien compris... Vive l'épreuve !! J'ai finit un peu comme je le sentais. mais tout le monde s'en fichait. Certains ont fait d'autres jeux, il y a eu de la gymnastique ou accrosport aussi. Et la danse de Mickey menée par mon professeur déguisé : il avait les oreilles de Mickey et des grands gants blancs qui lui faisaient des mains de Mickey. Ils ont aussi dansé sur la chanson reprise par Ya-Ya-Yah : 100% Yûki.

 
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